Initiation à l’allemand, à l’anglais, à l’espéranto, à l’espagnol ou à l’italien

Dans les classes où on pratique l’initiation à une langue étrangère, on a longtemps considéré (et les instructions officielles étaient très précises sur ce point) que seule l’utilisation de l’oral était envisageable, et que l’écrit devait impérativement être banni.
Les idées ont évolué, on s’est aperçu que bien sûr c’étaient l’éducation de l’oreille et la conversation qui étaient à privilégier, mais qu’il était très intéressant aussi de se confronter à l’écrit. Les enfants se rendent bien compte de l’intérêt qu’il y a à appréhender le sens d’un texte écrit dans une langue étrangère, sans l’oraliser, sans le traduire, et peuvent faire des remarques pertinentes sur sa forme, voire même sa grammaire.

Les livrets « Geschichten zum Lesen », « Stories to read », « Rakontoj », « Historias para leer » et « Storie da leggere »

Certains collègues étrangers avaient consulté nos livrets « Histoire de lire », destinés aux débutants en lecture. Ils avaient estimé que, par leur forme et leur contenu, ces textes pouvaient bien se prêter à un premier contact avec l’aspect écrit du français pour leurs élèves. Il était donc tentant de faire l’inverse, et de proposer différentes versions aux élèves francophones commençant l’initiation à une langue étrangère.

Les collègues qui ont testé les éditions légères de ces livrets ont fait les remarques suivantes :

– Pour une fois, ce n’est pas l’histoire d’un petit garçon anglais (ou allemand), on parle d’autre chose que de la vie quotidienne.
– Les textes sont courts et attrayants, servis par des images drôles et originales.
– Ils donnent une approche ludique de la langue, l’entrée par l’humour est positive.
– Ils apportent « visuellement » des tournures simples, qui se répètent.
– Les enfants sont autonomes, ils décodent pratiquement tout.
– Les livrets peuvent permettre au maître de raconter une histoire dans la langue étudiée.
– Ils sont incitateurs, soit pour être prolongés, soit pour en créer d’autres.

Utilisation en classe

La plupart du temps, les livrets sont en libre accès au coin-lecture, ou à la bibliothèque. Les enfants les lisent, seuls ou en petit groupe, avec un recours occasionnel à l’adulte (ou à un autre enfant ayant déjà lu le livret). Quelquefois, en cas de blocage sur un mot ou une expression, ils cherchent dans le lexique joint. Quand la classe est équipée d’un coin-audio, les enfants préfèrent souvent écouter le texte du livret en le lisant.

Et l’oral ?

S’il y avait une certaine méfiance vis à vis de la mise en contact avec l’écrit, c’est surtout à cause du risque de « lecture » avec les règles orales de la langue maternelle. Bonjour l’accent ! Bien sûr l’objectif des livrets n’est pas de remplacer l’expression orale, mais de l’accompagner. L’écrit est seulement l’une des voies possibles (pensons aux élèves de type visuel) pour fixer une imprégnation orale. Encore faut-il que celle-ci soit correcte ! (Et celle des intervenants en anglais, par exemple, n’est pas toujours très british !)

Il nous a donc été suggéré de réaliser des CD reprenant les textes des différents livrets, lus par une personne anglaise ou allemande, selon le cas. Les enfants peuvent ainsi, avec un simple lecteur laser comme en sont équipées la plupart des classes, entendre ( avec un  » bon  » accent ) les textes des histoires qu’ils ont sous les yeux.
Pratiquement, le CD est à disposition des enfants au coin lecture/audio (lecteur CD + casque). L’avantage du CD, par rapport aux cassettes, est qu’avec la touche « plage suivante » on arrive très rapidement à celle qui correspond au numéro du livret.
Le texte est lu à vitesse normale, et un blanc est laissé après chaque phrase pour que l’enfant puisse éventuellement la répéter, puis tourner la page.

N.B. Nous n’avons pas pu réaliser de CD pour l’italien et l’espagnol….

Le problème de la traduction

Une question se posait au sujet de ces livrets : est-il utile d’avoir aussi dans la classe la version des mêmes histoires en français, pour que les enfants puissent s’y reporter, comparer le vocabulaire, les tournures de phrases, ou au contraire est-ce à éviter, afin que les enfants ne soient pas tentés, pour comprendre, de passer par la traduction ?
La réponse presque unanime a été : il est très important que les enfants ne se reportent pas systématiquement à la version en français pour comprendre la version « en étranger » (d’autant qu’il ne s’agit bien sûr pas d’une traduction mot à mot).
Par contre, avoir dans le coin bibliothèque plusieurs versions dans des langues différentes peut amener à des comparaisons intéressantes sur les mots, la formulation des phrases, la facilité de compréhension (cf ce qui est proposé page 50 du fichier I.R.E. Français). Par exemple, on remarquera que dans certaines langues on emploie la forme correspondant à « J’ai faim » et dans d’autres celle qui correspond à « Je suis affamé ».

Et le lexique ?

Il nous a été déconseillé d’inclure dans chaque livret une page-lexique donnant la traduction des mots qui y figurent, pour éviter la lecture-traduction (cf § précédent). Par contre, comme certains mots ou expressions ne sont pas toujours compréhensibles grâce au contexte ou aux dessins, nous avons choisi de fournir, à part, un lexique complet. Il reprend l’ensemble des mots et expressions utilisés dans les livrets, mais employés dans d’autres phrases ou tournures, en changeant le genre ou le nombre des noms, le temps des verbes…
Ceci afin que les enfants qui ont envie de se reporter au lexique n’aient pas directement la traduction, mais doivent faire un minimum de réflexion linguistique.

Une mention spéciale pour l’espéranto

Même dans les classes où on ne fait pas d’initiation à une langue vivante, la présence des livrets « Rakontoj » peut être très intéressante. L’espéranto est en effet une langue dont la conception la rend extrêmement facile à appréhender. D’autre part, sa régularité et le mode de construction des mots fait que son étude montre bien comment, comme dans toutes les langues, les mots sont formés d’unités de sens, ce qui est un gros avantage tant sur le plan de la lecture que de l’orthographe.
Le simple fait de lire la vingtaine de livrets suffit aux élèves (et à l’enseignant) pour être capables de découvrir les règles essentielles de fonctionnement de la langue : terminaisons des mots selon leur nature, variations en genre et en nombre, suffixes indiquant les temps de verbes, diminutifs, contraires, noms composés… toutes découvertes qu’il est très facile de comparer avec les mêmes notions en français.

** Nous avons réalisé des cahiers individuels proposant des exercices très simples, à partir du texte de chaque livret, qui permettent aux enfants d’avoir une activité autonome, dès le début de l’apprentissage. (Voir rubrique suivante du catalogue)